Toutes les conférences ont lieu à 15h aux dates indiquées salle Pierre DENOIX (ancien hôpital)

En ces temps de contraintes sanitaires nous allons devoir appliquer
certaines règles, parfois contraignantes, lors des conférences prochaines.

À savoir :
        – être masqué dès l’entrée dans le bâtiment de l’ancien hôpital
        – entrer dans la salle Pierre Denoix par la porte du fond
        – prendre place, s’assoir et ne plus se déplacer dans la salle
        – rester masqué tout le temps de présence dans la salle
        – à la fin de la conférence poser les questions en restant debout à sa place
                    (pas d’utilisation du micro)
        – pour quitter la salle, attendre le déplacement du vidéoprojecteur
        – sortir par la porte avant sans s’arrêter, sans regroupement

Du gel hydroalcoolique sera à votre disposition à l’entrée.


Seuls les adhérents de l’UTL à jour de leur cotisation 2020/2021 seront admis dans la salle.

Ce n’est qu’en respectant ces règles que nous pourrons continuer à assurer nos conférences.

R E P O R T É E

Petit noir ou grand crème ? L’aventure du café.

Anne REYSS, ancien professeur de biologie en classes préparatoires (Agro-Véto) à Paris.

Dans le monde, le café est la deuxième boisson consommée après l‘eau, pour le seul plaisir de sa dégustation, la deuxième matière première échangée après le pétrole, une denrée stratégique dans le commerce mondial. Le café a conquis et changé le monde entier. Il rythme notre vie quotidienne, notre vie sociale.
Son aventure est extraordinaire : de son berceau éthiopien, l’Abyssinie, il gagne, il y a environ cinq cents ans, l’Arabie Heureuse (le Yémen) où son usage se répand ainsi que sa culture. Bientôt le monde arabo-musulman le découvre, puis l’Europe, puis l’Amérique. Les grandes compagnies maritimes s’emparent de son négoce. Les plantations de caféiers s’étendent rapidement sur quatre continents, dans une large ceinture tropicale qui enveloppe la planète, de l’Asie au Brésil, de l’Amérique Centrale à l’Afrique, au fur et à mesure que les pays du Nord apprécient et demandent toujours davantage de café. Hélas, le café a aussi un visage sombre : l’esclavage, les crises économiques, la surproduction, la chute des prix.…
Nous évoquerons la chaîne d’activités et de transformations qui vont de la cueillette des fruits aux grains de café, arabica ou robusta, que nous dégustons.
Le café a aussi donné naissance à des espaces de convivialité et de sociabilité, les cafés : cafés littéraires, politiques… Nous en découvrirons quelques uns à Paris.

Jean GIONO : Le Sédentaire de Manosque

Christian TERLAUD, membre d’Honneur de la Société Nationale Française de Médecine Interne.

        Avec un humour « 2020 » (pardonnable ?.), on pourrait quasiment dire, tant ses absences en ont été rares, que Jean Giono est resté « confiné » à Manosque pendant toute sa vie. Et, affirmait-il, c’était avec le plus grand bonheur, car il était passionnément épris de la Haute Provence, de sa rudesse et de ses mystères.
        Il y est né en 1895, d’un père cordonnier – à ses yeux admirable – et d’une mère repasseuse. Il y a fait ses études – jusqu’en seconde – après quoi il y est devenu, par nécessité, un employé de banque sérieux et apprécié. Il y a connu son épouse, qui lui donnera deux filles. Et il s’y est fermement rivé à sa table de travail, dans sa maison du « Paraïs ».
        Sa volonté d’écrire, irrépressible, a pris son élan après la guerre de 1914, laquelle l’a propulsé à Verdun et au Chemin des Dames, lui inspirant un pacifisme définitif. Quelques poèmes, publiés dans la revue marseillaise « La Criée », ont attiré l’attention d’un peintre-écrivain, Lucien Jacques, qui deviendra le plus fidèle de ses amis. C’est lui qui lui conseille d’envoyer ses premiers écrits à Paris. Ainsi sera connu – et reconnu – le roman « Colline », rustique et lyrique à la fois, dont la nouveauté impressionne André Gide qui le vante à Grasset et à Gallimard. Grasset publie donc ce qu’il est convenu d’appeler « la Trilogie de Pan » : les trois romans « Colline », « Un de Baumugnes » et « Regain ». Voilà Giono célèbre !
        Il décide en 1930 de vivre de sa plume. Gallimard publie en 1931 « Le grand troupeau », terrible tableau des soldats broyés par la guerre. Puis Grasset, en 1932, « Jean le Bleu », autobiographie émouvante et colorée. Puis Gallimard à nouveau, en 1934, « Le Chant du Monde », aux personnages rustiques pleins d’énergie sauvage et de violence. Suivent « Que ma joie demeure », « Batailles dans la montagne » et « Les vraies richesses ».
Surprise ! Marcel Pagnol, aimable provençal d’Aubagne, cinéaste aux aguets, emprunte à Giono le scénario de « Regain » et celui de « La femme du boulanger »…sans être toujours parfaitement honnête. Les deux films contribueront beaucoup à l’élection de Pagnol, en 1946, à l’Académie Française, laquelle n’intéresse guère Giono. Giono, lui, sera élu à l’Académie Goncourt en 1954, sans l’avoir demandé et sans la moindre vanité.
        Revenons en arrière. Alors que s’annonce en 1939 une nouvelle guerre, le pacifisme hautement proclamé de Giono (« Refus d’obéissance ») provoque son arrestation et son incarcération, pendant deux mois, au Fort Saint-Nicolas de Marseille. Ce qui ne l’empêchera pas de publier, en 1942, « Deux cavaliers de l’orage ».
        Nouveaux soucis en 1944. Un journal d’obédience allemande, « Signal », ayant publié un reportage Giono, spontanément et sans aucun texte de lui, sa maison sera plastiquée…puis le Comité de Libération le fera interner pendant sept mois et l’inscrira sur la liste noire des écrivains, lui interdisant toute publication pendant deux ans !..
        Mais l’œuvre reprendra puissamment son cours. Entre 1945 et 1954 viendront « Mort d’un personnage », « Un roi sans divertissement » (où apparaît dans la neige champêtre maculée de sang la haute silhouette du Capitaine de Gendarmerie Langlois), « Le moulin de Pologne », « Les âmes fortes », « Les grands chemins », « Le bonheur fou », et surtout, en 1951, le roman qui enchantera les fidèles, « Le Hussard sur le toit », où se rencontrent le jeune et hardi colonel italien Angelo Pardi et la sublime Pauline de Théus, traversant ensemble la Provence en proie à une épidémie de choléra. Est-il besoin de rappeler l’enthousiasme soulevé en 1995 par le film qu’en a tiré Jean-Paul Rappeneau ?
        Viendront plus tard « L’Eau vive », bouquet de nouvelles, « Les Récits de la Demi-Brigade » où réapparaît Langlois. En 1968 « Ennemonde et autres caractères », avec des personnages paysans hauts en couleur et, en 1970, « L’iris de Suse », dernier livre de Giono.
Car l’écrivain est malade. Opéré d’une thrombose vasculaire à l’aine, il s’est mal rétabli. Il meurt pendant son sommeil, dans la nuit du 8 au 9 octobre 1970. Il avait 75 ans.
        Tout n’est pas dit : théâtre, traductions, « Commentaires sur l’affaire Dominici », cinéma, Festival de Cannes, méritent attention. L’œuvre est considérable. Incontestablement originale, encore qu’inégale et comportant parfois des chevauchements chronologiques incertains pour quelques personnages… Alors, tous ses livres étant lus, et tous les avis entendus des écrivains qui furent ses contemporains, de Malraux à Paul Morand et Jean d’Ormesson, une question se fait jour : Giono, romancier de la nature et de la complexité des âmes, a-t-il vraiment sa place parmi les grands écrivains français ? Réponse espérée…à SARLAT !..

Peinture et Confinement

Christine RIOU, professeure agrégée d’histoire-géographie, ancienne élève de l’École du Louvre,
                    conférencière agréée du ministère de la Culture et du ministère du Tourisme.

        Le 28 avril dernier, en plein confinement, je lisais un article de Cynthia Fleury* qui écrivait ceci : « Cette vie confinée, je me rappelle l’avoir vue quelque part ; ce n’était pas un souvenir, mais un tableau, « La liseuse à la fenêtre » de Vermeer. L’idée était lancée, je tenais là mon sujet ! Je décidai de me centrer sur quelques peintres dont les tableaux représentent des personnages isolés, enfermés dans un espace étroit et qui appliquent par là-même la définition du verbe confiner.
        Trois ont retenu mon attention : Johannes Vermeer, peintre hollandais du XVIIe siècle, Vilhelm Hammershoi, peintre danois à cheval sur le XIXe et le début du XXe siècle, et Edward Hopper peintre américain du milieu du XXe siècle. À l’heure du déconfinement, il m’a semblé essentiel d’opposer à ces figures confinées quelques œuvres dans lesquelles Breughel l’Ancien et Edouard Manet représentent, pour diverses raisons, une humanité rassemblée, tirant son plaisir de la proximité entre les êtres humains.

* Cynthia Fleury, philosophe et psychanalyste, Télérama, 28/04/2020

VASCO da GAMA, et la route maritime des Indes

Jean-Paul LAMARQUE, directeur honoraire de l’Alliance Française de Santa-Fé,
               accompagnateur de voyages culturels en de nombreux pays d’Asie, conférencier.


        Il y a exactement 500 ans, le navigateur portugais Vasco da Gama recevait du roi Manuel Ier le titre de comte de Vidigueira, en récompense du succès des deux premières expéditions ayant ouvert la route maritime de l’Inde, via le cap de Bonne Espérance, au sud du continent africain.
        Préparée après plusieurs voyages au Portugal et en Inde du sud, notamment à Goa et Cochin, cette conférence richement illustrée de documents divers et photographies personnelles se propose de relater l’extraordinaire épopée replacée dans son environnement historique, en s’intéressant notamment aux questions techniques et aux divers aspects de la vie à bord.

La Révolution française en Sarladais

Guy MANDON, agrégé et docteur en Histoire.

La Révolution française centrée sur le cas du district de Sarlat pose au moins deux questions :

  • Le comportement du monde rural face à des évènements dont l’analphabétisme et la question de la langue semblent le tenir à distance. Or, les faits prouvent qu’il est parvenu à intégrer le processus révolutionnaire au point d’en être largement bénéficiaire, notamment en s’affranchissant des lourdes charges de l’Ancien Régime. Reste à savoir si cela s’est fait dans l’accomplissement ou l’opposition à la dynamique révolutionnaire.
  • Le cas du Sarladais et de son district phare, celui de Sarlat, montrent, et c’est la seconde question, la quasi impossibilité de fonctionnement des institutions administratives mises en place en 1791, dans le cadre du nouveau département de la Dordogne, auxquelles il tourne presque systématiquement le dos dans une sorte d’irrédentisme permanent y compris au moment où la Terreur tente de réinstaller la centralisation.

Quelques grandes pandémies du passé

Marie-France et Daniel SUEUR.

        Nous avons tous à l’esprit la pandémie provoquée par le Covid 19. D’autres maladies ont par le passé, et à diverses reprises, provoqué des hécatombes parmi des populations complètement désarmées. Notre projet est de revisiter l’histoire de quelques-unes de ces maladies, de montrer comment les artistes contemporains les ont illustrées, et de voir comment la médecine a pu les traiter après avoir compris et maîtrisé leur fonctionnement. Nous ferons enfin le point sur les connaissances que nous en avons aujourd’hui.

Il était une foi…e, ou le foie gras d’hier et d’aujourd’hui

Robert DIÉ, président d’Honneur de notre UTL.

        De l’Égypte antique au Périgord le foie gras a beaucoup voyagé dans le temps et dans l’espace.
On évoquera les écrits et l’iconographie qui permettent de suivre l’histoire d’un mets qui a toujours passionné les gastronomes.
        De la ferme à la cuisine et à la table il s’agit aussi d’une belle aventure.
On essayera de comprendre les mécanismes qui président à la double transformation d’« un viscère de couleur rouge secrétant la bile » (selon la définition prosaïque du Larousse de poche) en un produit d’exception.
        Longtemps produit rare et élitiste le foie gras aujourd’hui banalisé, est parfois contesté avec virulence, et on s’interrogera sur ses perspectives d’avenir.

L’Afrique sur les nouvelles « Routes de la Soie »

Christian BOUQUET, Professeur émérite de géographie politique à l’Université Bordeaux Montaigne,
                chercheur au laboratoire LAM (Les Afriques dans le Monde) de Sciences Po Bordeaux.

        Dans le Livre des Merveilles, Marco Polo raconte son voyage sur la « Route de la Soie » qui dura 24 années entre 1271 et 1295. Mais cette route mythique, tracée il y a plus de 2000 ans entre la ville chinoise (actuelle) de Xi’an et la ville syrienne médiévale d’Antioche, était alors sur son déclin parce que la voie maritime des Grandes Découvertes allait supplanter les voies terrestres.
        Au XXIe siècle, la Chine réactive la légende, mais en lui donnant une coloration totalement matérialiste. Les « nouvelles Routes de la Soie » constituent le projet le plus abouti de mise en application des principes de l’économie de marché – c’est-à-dire du capitalisme – par un pays qui se réclame toujours du communisme et ne cache pas son ambition de dominer l’économie mondiale.
        En contrôlant les voies de communication, notamment maritimes et ferroviaires, et surtout les nœuds où celles-ci se croisent (ports, gares, le « collier de perles »), la Chine peut aller chercher les matières premières dont elle a besoin partout où elles sont produites, et diffuser en retour ses produits finis, dans une démarche néocoloniale et impérialiste qu’elle assume parfaitement.
        Dans le traitement de ce sujet, un éclairage singulier sera réservé au continent africain, particulièrement vulnérable à l’offensive chinoise.